14-18 Langres

en guerre

Ephémérides Langroise


Mardi 11 août

Beau temps.

C'était lundi soir au théâtre la répétition générale jouée pour les officiers et leurs familles du spectacle qui devait être donné quelques jours plus tard à nos troupiers de Langres.

La soirée avait été charmante. Lancelot avait été plus attendrissant et Niel plus désopilant encore que de coutume. Le violon de Fontaliérand avait vibré mieux aussi. L'orchestre n'avait jamais été plus harmonieux, ni la Muse du sergent Giguet mieux inspirée.

Le drame patriotique « Son fils » avait secoué l'assistance égayée ensuite par l'amusante comédie « le Bon Docteur ».

Et, après les applaudissements répétés, chacun de s'en aller l'esprit en joie.

Une demie heure s'était à peine écoulée que dans les rues une clameur s'élève : « Le feu est au théâtre ! » Le tocsin sonne, le clairon appelle lugubrement. Et déjà une grande lueur s'élève sinistre dans la nuit !

Mercredi 18 août

Suite du beau temps.

Un savant archéologue dira d'autre part les destinées successives du monument qui devint le Théâtre municipal de Langres. Quelques minutes suffirent pour détruire ce témoin de plusieurs siècles.

Le tocsin sonné, ce fut vers le sinistre la ruée de tous les dévouements. Les pompiers, les troupes de piquet, des civils de bonne volonté, tous étaient accourus. Déjà les flammes s'élevaient dans le ciel, le vaisseau du théâtre ne formait bientôt qu'un immense brasier. Les pompes mises en action fonctionnèrent... des que l'eau trop longtemps attendue fut enfin arrivée.

On vit des pompiers grimpés au bout d'échelles lancées sans appui dans le vide entourés de fumée et de flammèches tourbillantes ; d'autres, debout sur le bord des toits, défiant le vertige, inondaient d'eau les toitures des constructions voisines.

Un vent léger soufflait vers le sud-est ; les maisons de la rue Saint Ferjeux étaient menacées. Petits chasseurs, fantassins procédérent au sauvetage des mobiliers, et le spectacle était lamentable de ces déménagements faits à la hâte dans la nuit.

Enfin, la part du feu faite, l'incendie fut circonscrit, mais il ne restait du théâtre que les murs. Aménagement intérieur, loges habitées il y a quelques minutes, décors pimpants dressée pour la reAccueil dernière, instruments de musique vibrant encore, costumes, déguisements, qui venaient d'être revêtus, tous ces accessoires de tant de talents étaient détruits.

Et l'horrible vision se dressait de ce qu'aurait pu être ce sinistre si par malheur il avait éclaté quelques instants auparavant, alors que le théâtre était bondé de spectateurs.

Le Chercheur de la rue des Moulins.

(En avant, 22 août 1915)

Theatre en 1900

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