14-18 Langres

en guerre

L'INCENDIE


de la Maison Lambert

Dimanche matin, vers 6 heures et demie, M. Roussel, beau-frère de M. Lucien Lambert, constructeur actuellement mobilisé, et qui, depuis le départ de ce dernier, habite la maison et dirige les ateliers, se levait lorsqu'il fut surpris d'entendre des crépitements du côté des ateliers. Il ouvrit une porte qui y donne accès et, aussitôt, une épaisse fumée s 'en dégageant, il s'empressa de donner 1’alarme. En attendant les secours, M. Roussel jeta sur le brasier quelques grenades extinctrices, et, aidé de voisins, commença à sauver quelques meubles.

Un moment après, qui parut bien long, car 1'incendie faisait de rapides progrès et gagnait le bâtiment d'habitation, un fort détachement de soldats des troupes alliées arriva, ainsi que les pompiers de Langres, suivis de près par ceux de Saint-Geosmes.

Les pompes, mises en batterie, ne purent que noyer les décombres et empêcher que le corps de logis ne fut complètement la proie des flammes.

Chacun fit son devoir et on nous signale surtout la conduite de trois ou quatre soldats alliés qui, bravant l'incendie et s'installant en des endroits très dangereux, firent l'admiration de tous.

On remarquait, sur les lieux du sinistre, les membres de la municipalité et quelques conseillers municipaux, M. Bassand, capitaine de gendarmerie, etc…

Vers 10 heures et demie, le sinistre était conjuré et on continuait à noyer les décombres afin de prévenir tout retour d'incendie.

Comme nous l'avons annoncé, du grand atelier contigu au corps de logis de la maison Lambert, ainsi que de ce dernier immeuble, il ne reste pour ainsi dire que les murs, et encore ceux-ci menacent-ils de s'effondrer. Les bois finissent de se consumer et un poste de pompier est en permanence pour noyer les décombres.

Seul le hangar en bois, qui se trouve à une trentaine de mètres de la maison d'habitation, n'a pas subi les atteintes du feu.

Très peu de mobilier et une partie de la comptabilité ont pu être sauvés. Quant au coffre-fort, il est resté dans la fournaise, ainsi que bien des instruments agricoles en construction et en réparation, tout le bois de service et presque tout le matériel.

Un grand nombre de caisses pleines d'essence .et quelques fûts d'huile ont pu être enlevés à temps.

M. Roussel qui, samedi soir, vers 8 heures, avait fait comme il en avait l'habitude avant de se coucher, une ronde dans les ateliers, n'avait rien remarqué d'anormal.

On se perd en conjectures sur les causes de ce sinistre qui, cependant, paraissent être accidentelles.

Les dégâts, très importants, comme nous te faisions prévoir, sont évalué à un minimum de 100.000 francs, se décomposant ainsi : Immeuble et mobilier, 40.000 francs ; outillage, bois de service, machines agricoles et autres marchandises, 60.000 francs.

Ces pertes sont couvertes par des assurances aux compagnies « La Providence », « Le Soleil » et « La Confiance ».

(Le Spectateur, 21 novembre 1917)

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