14-18 Langres

en guerre

La Poste :


La déclaration de guerre.

Le vendredi 31 juillet 1914, les esprits sont préoccupés par les événements inquiétants qui se déroulent dans la ville. Dans la matinée, les chevaux sont réquisitionnés par l’armée puis, de rumeurs en démentis, les Langrois apprennent que le 21e Régiment d’Infanterie est sur le départ. Ce régiment qui occupe la citadelle depuis 1873 fait la fierté des Langrois qui vivent au rythme des défilés et des concerts de la musique militaire. Lorsque le régiment quitte la ville le samedi 1er août dans la matinée pour les Vosges, la population l’accompagne, consciente que l’heure est grave. Pourtant la presse se veut rassurante : le Spectateur écrit dans ses colonnes :
« Qu’on ne s’exagère pas l’importance de cette mesure. Ce n’est pas, au sens propre du mot, la mobilisation. »
(Le Spectateur 2 août 1914, Coll. Bibl. Marcel-Arland)

Le journaliste a raison, celle-ci n’intervient que quelques heures plus tard, à 16h... L’ordre de mobilisation est alors affiché au dessus de la boîte aux lettres de la Poste. Le lendemain, la ville est submergée par les réservistes venus se présenter dans les bureaux de recrutement. Les casernes, pourtant nombreuses, ne peuvent plus absorber la foule des futurs combattants, il faut les loger chez l’habitant. Pour canaliser au mieux les nouveaux arrivants, des civils sont appelés à la rescousse. Chacun est identifié par un brassard de couleur en fonction de son rôle :
« Un Langrois dit : « Ce n’est plus Langres, c’est Brassardville ! Et de fait il y en a de toutes couleurs. En voici des verts-choux pour les réceptions de réquisitions ; en voici des verts-jaunes, avec le mot Langres, c’est la garde civique qui doit doubler les agents de police […] les brassards bruns ou rouges des conducteurs d’auto, les brassards de la Croix-Rouge, les galons tricolores des Alsaciens-Lorrains, etc., etc. »
(En Avant, 19 août 1914, Ephémérides Langroises du 2 août, Coll. Bibl. Marcel-Arland).

Tandis que la presse vante l’organisation de l’armée au moment de la mobilisation, d’autres témoignages viennent relativiser cette vision des choses. E. Delamotte, Langrois contemporain du conflit décrit :
« Ici c’était un pantalon trop court, là une veste trop large, plus loin, une capote démesurément longue. Ce qui frappait le plus au milieu de ce vacarme et de ce tourbillon, c’était l’absence presque totale d’officier. Personne pour commander et pour mettre un peu d’ordre dans ce désordre. »
(Langres pendant la grande Guerre. De la mobilisation à la Marne, coll. SHAL)

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