14-18 Langres

en guerre

Jean du Breuil de Saint-Germain et la Grande Guerre


A la déclaration de guerre, il est affecté en qualité de lieutenant au 13e régiment de dragons et commence la campagne d’Artois. Il est tué le 22 juin 1915 à Rivière, à 8 kilomètres au sud ouest d’Arras (Pas-de-Calais). Le récit de sa mort est connu, rapporté en détails par un camarade de combat : « Vers 9 h 3/4, une fusillade assez vive éclate partant du fond du ravin…. Le brigadier et deux hommes de la patrouille sont tombés blessés sur la pente du ravin près du ruisseau. Du Breuil dit : donnez moi une carabine j’y vais. Suivi d’un sous officier et de deux hommes il part en courant, se baissant à peine, dépasse le poste d’écoute descend le talus va jusqu’à un petit sentier qui se trouve à mi pente. A ce moment les allemands tirent, un homme tombe à coté de du Breuil en disant : je suis touché. Lui répond : moi aussi. Il fait encore deux pas et tombe. La mort a du être instantanée. Il avait reçu trois ou quatre balles, une en plein cœur, une autre qui lui a brisé l’épaule. Le sous officier et l’homme valide sont restés auprès de lui et ont tiré dans la direction des saules où étaient partis les coups de fusil et quelques hommes ont pu venir avec une civière et le ramener. On l’a enterré deux jours après à Beaumetz ». Croix de guerre, cité à l’ordre de l’Armée, il est décoré de la Légion d’honneur à titre posthume.

Après les honneurs militaires, il reçoit une reconnaissance pour son talent d’écrivain puisque l’Académie Française lui décerne dans sa séance du 20 juillet 1915 un prix Montyon pour la prose avec médaille d’or. A la fin de la guerre, il est inhumé dans le caveau familial du cimetière du Pailly (Haute-Marne).

Le nom de Jean du Breuil de Saint-Germain apparaît sur plusieurs monuments civils et religieux commémoratifs : les monuments aux Morts de Langres, du village du Pailly, celui religieux de la colline des Fourches à Langres, les plaques commémoratives de l’église Saint-Augustin à Paris, de l’église du Pailly, la plaque commémorative des écrivains au Panthéon et la plaque commémorative de la Société Historique et Archéologique de Langres (SHAL).

Il a été élu membre correspondant de la SHAL dans la séance du 11 novembre 1913, parrainé par le docteur Brocard. Si son passage dans la société a été de courte durée il a eu des retentissements posthumes importants.

Le 20 octobre 1922, Mme Veuve Albert du Breuil de Saint-Germain et son fils Pierre proposent la création d’un prix portant le nom du lieutenant Jean du Breuil de Saint-Germain, doté de 5000 francs et « qui récompenserait un ouvrage écrit concernant l’arrondissement de Langres ou composé par une personne originaire de l’arrondissement ou y résidant, dans le domaine historique , littéraire, artistique, scientifique ou moral ». Le 12 novembre 1922, jour de l’inauguration du monument aux morts le prix est officiellement créé.

Puis le 31 octobre 1923 Mme Albert du Breuil de Saint-Germain donne à la SHAL son hôtel particulier de Langres pour en faire son musée. C’est ce bâtiment qui est maintenant la Maison des Lumières Denis Diderot, Musée de France, conformément aux vœux de la donatrice et en mémoire de la famille Moreau Du Breuil de Saint-Germain.

Texte : Pierre Gariot, Société Historique et Archéologique de Langres

Mentions Légales | Plan

Office de Tourisme du Pays de Langres - BP16 - 52201 Langres cedex - Tél : 03 25 87 67 67 - Fax : 03 25 87 73 33