14-18 Langres

en guerre

Jean Marie Thomas Moreau du Breuil de Saint-Germain


Il est très représentatif de sa classe sociale. Aîné d’une famille de noblesse rurale qui a formé une dynastie locale, il a d’abord choisi la voie classique de l’armée avant de s’orienter vers les études historiques et sociologiques où son engagement sur le féminisme et pour le vote des femmes sont tout à fait originaux pour son époque.

Le milieu familial :

Descendant d’une vieille famille langroise, son arrière-grand-père Jean François Moreau du Breuil revenu d’émigration sous la Restauration, décide de se ré enraciner dans la région et de créer une « dynastie » locale. Pour cela il achète un hôtel particulier à Langres et le château du Pailly. Le projet aboutira pleinement avec son petit-fils, père de notre héros, Albert Moreau du Breuil de Saint-Germain qui, après une carrière administrative comme sous-préfet de Sarrebourg et de chef de cabinet du ministre de l’intérieur, devient maire du Pailly, conseiller général du canton de Longeau et député de la Haute-Marne. Jean Marie Thomas est donc élevé dans une famille de notables assez classique à l’époque : riche, catholique, conservatrice et nationaliste.

Né à Paris le 30 janvier 1873, il fait ses études au lycée Stanislas et intègre l’école militaire de Saint-Cyr. Pendant dix ans, il est un officier de dragons très apprécié de ses supérieurs. Mais il n’est pas fait pour la vie monotone de garnison et, au moment de la guerre des Boers, il donne sa démission et s’embarque pour l’Afrique rejoindre les volontaires français du colonel Villebois-Mareuil qui combattent les Anglais. Arrivé après la mort de celui-ci, il se bat d’abord dans les rangs des volontaires français puis dans ceux des Russes jusqu’à la reddition de Prétoria (31 mai 1902).

Avant de rentrer en France, il fait un grand voyage à Madagascar puis part ensuite pour le Pérou, le Chili la Colombie et l’Amérique centrale.

Revenu au pays, il s’adonne à l’étude de l’histoire et de la sociologie et se marie le 8 novembre 1904 avec Marie Denisson veuve de Richard Winslow. Le couple restera sans enfant.

Participant aux conférences Mollé et collaborateur occasionnel de l’Action Française, il fait part de son expérience sur l’Afrique et la guerre des Boers et réfléchit sur des sujets aussi divers que la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la Démocratie, la loi des trois ans et sur le monopole de l’alcool en Indochine. Ses textes ont été réunis après sa mort dans un livre d’hommage.

Dans ses écrits, il a les « a priori » d’un homme de son temps et de son milieu, convaincu de la supériorité européenne, antisémite et adversaire de la franc- maçonnerie mais on note quand même chez lui une capacité d’analyse et de réflexion qui lui permettent de nuancer les « réflexes conditionnés intellectuels » hérités de son éducation. Mais là où il est d’un modernisme étonnant, c’est dans son combat pour le vote des femmes et contre la misère sociale de celles-ci. Sa conférence du 13 mai 1911, « la misère sociale de la femme et le suffrage », est un modèle du genre et il conclut que pour commencer à lutter contre la misère des femmes au point de vue économique, social et intellectuel, il faut leur donner le droit de vote. Des phrases entières de cette conférence sont encore d’actualité.

Texte : Pierre Gariot, Société Historique et Archéologique de Langres

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