14-18 Langres

en guerre

Le cimetière et la première guerre mondiale :


Aménagé en 1796 à l’extérieur de la ville le long de la route de Paris, le cimetière de la Collinière a été agrandi à plusieurs reprises, dans les années 1840 et 1857. En 1897 le cimetière est devenu insuffisant et le conseil municipal décide d’acheter une portion de terrain contiguë de 90 ares détenue par l’Hospice de Langres. Les 4700 francs sont votés pour un paiement prévu le 1er janvier 1899. Le 30 janvier, une délibération est prise pour financer la clôture d’un quart du terrain, opération prévue au mois de novembre. Cette partie portera longtemps le nom de « Nouveau Cimetière ».

En 1914, au lendemain de la déclaration de guerre, la mort de plusieurs soldats sur le front et dans les hôpitaux de la ville nécessite la réorganisation de cet espace d’inhumation. Ainsi, le 17 avril 1915, le conseil municipal prend la décision de repousser les limites du cimetière « par suite du nombre élevé des décès survenus depuis la mobilisation ». A cette fin, il est décidé de « prendre possession d’une partie du terrain acheté à cet effet [en 1899], dont M. Mailfer pépiniériste est actuellement locataire, et [de] clore ce terrain par un mur en maçonnerie. »

Cet agrandissement est essentiel puisque dès le 19 novembre 1914 le Général Joffre interdit le transfert des corps de militaires dans la zone des armées. Or, Langres se trouve à l’intérieur de cette zone et est soumise à la même législation que les villes du front. Les nombreux décès de soldats qui ont lieu dans les hôpitaux de la ville multiplient les inhumations dans le cimetière. Le conseil décide au cours de la même séance de placer sur la tombe de chacun des militaires décédés une plaque émaillée « pour permettre aux familles étrangères à la ville de Langres de retrouver au cimetière le lieu de sépulture des membres de leurs familles mobilisés, décédés en cette ville pendant les hostilités. »

Cimetière de Langres

Tout au long de l’année 1915, la sous-préfecture autorise ponctuellement le transport des corps de soldats à l’intérieur du département. Cela permet d’inhumer dans leur commune d’origine les soldats haut-marnais décédés à l’hôpital de Langres. On dénombre 13 transports de corps de militaires de janvier à juin 1915, tous décédés dans les hôpitaux de Langres. Ensuite, l’interdiction semble être respectée puisque de 1916 à 1917 on constate l’absence de mouvements de corps de soldats.

En 1916, la pression foncière de plus en plus forte contraint la ville à réaliser de nouveaux aménagements dans le cimetière. Une délibération du 2 mai autorise la construction d’un caveau municipal provisoire. En effet, afin de satisfaire au désir des familles étrangères à la ville de récupérer les corps de leurs défunts à la fin du conflit, la municipalité avait autorisé « le dépôt provisoire des corps au caveau municipal du cimetière, qui, par suite, se trouve aujourd’hui complètement occupé. » L’architecte-voyer de la ville propose donc un projet pour 2074,71 francs.

L'instituteur de l'Ecole de Filles de la place de l'Abbé-Cordier note dans ses carnets rédigés au fil du conflit : « Il est décédé beaucoup de soldats ici pendant la guerre. On leur fait de beaux enterrements. Le cercueil est recouvert d'un drap tricolore. il y a des faisceaux de drapeaux aux quatre coins du corbillard. Des soldats entourent le cercueil, portant leur fusil en berne. Sur le passage, bien des yeux se mouillent, on échange des paroles apitoyées. Des Sidis sont morts aussi. On porte le corps, simplement enroulé dans un drap, sur un brancard et tous les camarades chantent une mélopée lugubre. »

Cimetière de Langres

Le jour de la Toussaint, en 1915, est l'occasion de rendre hommage aux soldats inhumés à Langres. Dans son Ephéméride du 28 octobre, le journal En Avant annonce le programme : « Dimanche, à 14 heures, de la Place Diderot partira un cortège portant au cimetière sur la tombe de nos soldats une couronne offerte par la Société du Souvenir français. [...] Ils sont une centaine depuis la mobilisation et dans leurs tombes fraternelles, à la modeste croix noire uniforme, rangées en ligne à l'ordonnance, ils semblent attendre, l'arme au pied, le jour du grand réveil. »

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